Les CIDFF sont aujourd’hui en situation de crise inédite : depuis l’adoption du projet de loi de finances pour 2025, les crédits que l’Etat s’est engagé à verser pour financer les associations qui œuvrent dans le champ de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les violences n’ont toujours pas été versés. Une grande partie des subventions, dont la compensation financière de la “Prime Ségur” obtenue par le vote d’un amendement au Sénat le 22 janvier dernier, n’ont ainsi toujours pas été versées aux associations.
Chaque année, les CIDFF informent et accompagnent plus de 6000 femmes sur leurs droits, dont 40 % de victimes de violences, dans un cadre d’accueil inconditionnel, confidentiel et gratuit. Ces missions d’intérêt général, confiées par l’Etat, sont lourdement menacées par le retard de versement des subventions, alors que le nombre de femmes qui s’adressent au CIDFF augmente chaque année, dans l’attente du versement des subventions.
A ce jour, 25 associations départementales, soit ¼ du réseau, ont déjà fermé des permanences juridiques, notamment en milieu rural. Ces fermetures sont particulièrement préjudiciables aux femmes de ces territoires, surexposées aux violences conjugales et au risque de féminicide. Alors qu’un féminicide sur deux a lieu en milieu rural, la présence d’associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes victimes de violences partout sur le territoire est indispensable.
Au total, la Fédération nationale des CIDFF relève une trentaine de suppressions de postes depuis le mois de janvier et anticipe dans les prochains mois la suppression de 70 postes dans le réseau des CIDFF.